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2è Dimanche du Temps de l'Avent Année A

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« Convertissez-vous, car le royaume des cieux est tout proche. » Tel est l’appel que Jean le Baptiste nous lance en ce 2ème dimanche du temps de l’Avent. En effet, nous avons tous intérêt à nous convertir, à changer de vie, de comportement, car Il revient. Il revient Celui qui, en partant, nous avait confié une mission. Il revient Celui qui nous demandera de Lui rendre compte de la gestion de notre vie puisque notre vie c’est son bien, des personnes qu’il nous a confiées, des biens qu’il a mis à notre disposition. Il revient Celui, qui selon le prophète Isaïe dans la première lecture, ne jugera pas sur les apparences, mais sur la vérité de notre vie, de notre cœur, Il ne jugera pas d’après ce que nous lui disons ou que nous faisons croire aux gens, mais d’après ce que nous sommes et faisons réellement. Nous avons tous intérêt à nous convertir parce que son arrivée sonne la mort du méchant, de la corruption, du mal. Et nous savons que nous avons tous un côté méchant, corrompu, mauvais. Nous avons intérêt à nous convertir pour que sa venue ne soit pas l’annonce de notre mort, mais de notre vie éternelle.
Et l’évangile nous montre qu’il y a deux sortes de conversion : il y a de vraies conversions, mais il y a aussi de fausses conversions.  
Ceux dont la conversion était sincère sont ceux qui se rendaient auprès de lui, se faisaient baptiser et reconnaissaient leurs péchés. C’est cela la vraie conversion, lorsque notre proximité avec Dieu ou ses envoyés, avec les sacrements nous pousse à reconnaitre nos fautes, à renoncer à nos mauvais comportements. La conversion, c’est notre capacité à faire notre mea culpa, à dénoncer le mal qui ronge notre vie et qui ronge notre entourage, à ne plus être complice de quelque mal que ce soit, à ne plus le supporter. La conversion suppose deux choses essentielles : la prise de conscience et les actes concrets que l’on pose. Et ces deux éléments se retrouvent dans la vie même de Jean le Baptiste.
Il nous est dit qu’il se nourrissait de sauterelles. Dans l’ancien testament et plus précisément dans le livre de l’Exode, les sauterelles étaient l’une des sept plaies d’Egypte, c’était une calamité comme on peut aussi le lire dans le psaume 105, 34-35 : « Sur un autre ordre de Dieu arrivèrent des sauterelles, des criquets pèlerins innombrables, qui dévorèrent toute la végétation, tous les produits du sol. » Si Jean le Baptiste se nourrit de sauterelles, c’est pour prendre conscience des conséquences du péché, c’est pour sentir dans son corps, pour voir de ses yeux ce que le péché peut causer, c’est pour annoncer que les conséquences du péché sont catastrophiques, et que si on persiste dans le péché, dans nos mauvaises  pratiques, notre destruction sera totale. Se nourrir de sauterelles c’est donc avoir devant les yeux, devant sa conscience les conséquences de notre péché. Jean le Baptiste nous invite donc ce dimanche prendre réellement conscience des conséquences des actes que nous posons, le mensonge, le vol, la corruption, la haine. Nous voyons bien comment cela détruit des vies comme les sauterelles détruisaient jadis toute la végétation et les produits du sol d’Egypte, mais devons savoir que c’est exactement de la même manière que cela détruira notre âme. Prendre conscience des graves conséquences de notre péché pour nous en séparer.
Il se nourrissait aussi de miel sauvage. Dans la bible, le miel représente la douceur, la bienfaisance de la parole de Dieu comme nous le montre le psaume 119. Le miel dans notre bouche devrait être porteur de douceur, de paix, de bonheur pour les autres.
La vraie conversion suppose donc qu’on doit avoir à la bouche, dans notre vie, des sauterelles qui nous font prendre conscience des dangers de notre péché, et du miel qui nous fait agir dans le sens du bien des autres, de la douceur, poser des actes qui apportent plus de paix, plus de bonheur. Nos actions, nos paroles doivent être de miel.
Mais dans l’évangile, Jean le Baptiste va surtout dénoncer les fausses conversions. Et parlant de fausses conversions, il va s’adresser directement aux pharisiens et aux sadducéens, les qualifiant d’engeance de vipères. En effet, la vipère est le symbole parfait de la fausse conversion, et cela s’appelle l’hypocrisie. Si la vipère a pu symboliser le Dieu de la médecine surtout dans l’antiquité gréco romaine s’inspirant en cela du serpent d’airain du livre de l’Exode, la vipère, le serpent venimeux  représente en général surtout le mal, souvent mortel, qu’il inflige par sa morsure. Il représente le mensonge, la ruse comme nous le montre le livre de la genèse. Faire une fausse conversion, c’est donc ruser, vouloir tromper les autres et Dieu. En effet, beaucoup rusent avec Dieu, beaucoup rusent avec leurs frères, beaucoup viennent ici par exemple pour couvrir leur double appartenance. La double appartenance, c’est être avec nous, mais pas seulement avec nous, c’est être en plus dans une secte, dans une loge par exemple et venir faire comme si on était monsieur ou madame tout le monde en venant à l’église, venir blanchir son image, c’est venir se dissimuler ici, penser fuir la stigmatisation des autres en se faisant passer pour un bon chrétien catholique. Et Jean le Baptiste de nous poser cette question : « Qui vous a appris à fuir la colère qui vient ? »
De plus, la vipère mord ses victimes par surprise et disparaît aussitôt. Un peu comme cette personne qui te poignarde sur le dos et qui devant toi, arbore un large sourire, prononçant même des paroles élogieuses. Celui qui a un comportement de vipère va bénir Dieu ici à l’église quand il se croit devant Lui, mais dehors, derrière lui, sur le dos de Dieu, il va maudire, il va faire du mal aux autres. Tel était le comportement des pharisiens et des sadducéens, tel est notre comportement.
En outre, l’arme de la vipère, le poison, est réputé comme l’arme des lâches. Le pape François parlait justement de ce poison, cette arme des lâches qu’il a appelée la médisance, la calomnie. En effet, celui qui vous empoisonne adopte exactement le même comportement que celui qui vous calomnie : il cache, il se cache, il ne veut pas être démasqué. Frères et sœurs qui peut dire qu’il n’utilise pas cette arme des lâches, qu’il ne médit pas, ne calomnie pas ceux qui voient pourtant en lui un ami sur qui ils peuvent compter ? Qui ne s’est pas encore tu ou n’a pas changé de conversation à l’approche d’une personne dont il était en train de dire du mal ? C’est cela le comportement de vipère. C’est d’ailleurs de cette réputation qu’est issue l’expression « langue de vipère », expression qui désigne une personne qui utilise l’arme du lâche. C’est une personne médisante, calomnieuse, qui ne prendra jamais son courage pour vous dire ce qu’elle pense de vous, ce qu’elle raconte loin de vous, dans votre dos. Frères et sœurs, comment peut-on qualifier nos langues tel qu’on nous connait ? Jean le Baptiste jette un regard sans complaisance sur ces comportements dont nous sommes malheureusement coutumiers.
Jean le Baptiste dit que nous nous comportons tous comme des vipères, quand extérieurement, nous donnons aux autres une très belle image alors que nous cachons le poison dans nos langues, dans nos pensées, dans notre cœur. Nous nous comportons comme des vipères lorsque nous nous imaginons tromper Dieu en venant nous cacher à l’église en jouant au bon chrétien alors qu’en réalité, nous ne cessons d’empoisonner la vie des gens, notre voisinage, nos groupes, nos lieux de service par le venin que l’on retrouve dans nos paroles, dans nos actes. La vipère n’est pas le serpent le plus agité, il est même très doux, très calme, mais son venin est mortel. Le venin du chrétien est parfois mortel. Nous nous comportons comme des vipères quand nous nous disons fils et filles de Dieu, mais sans avoir aucunement l’intention de confesser nos fautes et de faire la vérité dans notre vie, sans avoir l’intention d’évacuer tout le venin de haine, de mensonge qui est dans notre vie.
Frères et sœurs, la prière, les sacrements que nous recevons ne blanchiront pas nos fautes. Ailleurs on blanchit son mauvais argent dans des œuvres de charité. Ici, on vient blanchir ses péchés, sa mauvaise vie dans la prière. Jean le Baptiste nous dit que ça ne passera pas. C’est vrai qu’on reconnait qu’une personne s’est convertie quand elle prie désormais alors qu’elle ne priait pas, quand elle va désormais à la messe alors qu’elle ne le faisait pas, quand elle milite déjà dans tel ou tel mouvement. Mais Jean le Baptiste nous dit que le vrai converti est celui qui fait désormais le bien autour de lui alors qu’avant il faisait le mal, celui qui partage déjà alors qu’avant il était un parfait égoïste, celui qui sait désormais reconnaître les mérites des autres alors qu’avant il ne faisait que dénigrer.
Le converti, C’est celui laisse sortir le mal qui ronge sa vie pour laisser la place au bien, c’est finalement cette vipère qui devient inoffensive tout simplement parce qu’elle a accepté d’évacuer ce venin qui donnait la mort pour en faire un vaccin qui est signe de vie.
Puisse le Seigneur, en de deuxième dimanche de l’Avent, nous donner la grâce de vivre une vraie conversion

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