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30ème Dimanche Temps Ordinaire A

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« Tu aimeras. » Frères et sœurs, l’amour, c’est le thème de l’évangile de ce dimanche. C’est d’ailleurs le thème de toute la bible, la bible qui est une histoire d’amour, une histoire d’alliance entre Dieu et son peuple. On pourrait d’ailleurs parler de l’Ancienne Alliance comme de l’Ancien Amour, et de la Nouvelle Alliance comme du Nouvel Amour. A la question qui lui est posée, « Maître, dans la Loi, quel est le grand commandement ? », Jésus répond qu’en réalité, la foi chrétienne, la vie chrétienne consistent à aimer tout simplement : « Tu aimeras ». Tout ce que nous faisons doit être la manifestation, l’expression, la conséquence de notre amour : souffrir, punir, pardonner, donner, travailler…

« Maître, dans la Loi, quel est le grand commandement ? » On lui demande un commandement, il en donne deux, ou plus exactement trois. Aimer Dieu, m’aimer moi-même, et aimer mon prochain comme je m’aime moi-même. Nous avons donc là les trois dimensions de l’amour : Dieu, moi-même, mon prochain.

Nous devons savoir que dans la Loi juive, ces deux commandements étaient distincts, séparés. Et à plusieurs reprises, Jésus, et les prophètes avant lui, avaient dénoncé ceux-là qui séparaient les deux, ceux-là, et ils étaient nombreux, qui prétendaient aimer Dieu et qui méprisaient et exploitaient leurs frères. Mais peut-on être l’ami de Dieu tout en étant l’ennemi de ses enfants bien-aimés ? Avec tous les ennemis que nous avons, ceux que nous n’aimons pas, avec tous ceux que nous détestons, peut-on affirmer que nous aimons Dieu ? C’est la question que nous pose Jésus aujourd’hui. Et Jésus nous dit qu’en réalité, nous nous trompons.

On lui demande un commandement, il en donne deux, comme pour nous dire que Dieu ne doit pas nous fermer à nous-mêmes, aux autres et qu’au contraire, il nous permet d’être plus présent à nous-mêmes et aux autres. Si nous échouons dans notre relation avec notre frère, alors nous avons aussi échoué dans notre relation avec Dieu. Si par exemple, en levant les yeux dans cette église ce matin, je découvre quelqu’un que je n’aime pas, alors je peux rentrer tranquillement à la maison, parce que je perds mon temps, parce que même ce Dieu que je prétends aimer, en réalité je ne l’aime pas non plus. Parce que Dieu, dans ma vie, occupe exactement la place de celui-là.

Frères et sœurs, vous me permettrez, aujourd’hui, de ne pas parler de la première dimension de l’amour, c’est-à-dire l’amour de Dieu, mais plutôt des deux autres, c’est-à-dire l’amour que je porte envers moi-même et celui que je porte envers l’autre.

« Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton Esprit. Voilà le grand, le premier commandement. Et voici le second, qui lui est semblable : tu aimeras ton prochain comme toi-même. » Il lui est semblable, il est semblable au premier, au plus grand des commandements. Cela signifie donc que l’amour du prochain est de la même importance que l’amour de Dieu, il est lui aussi le premier, le plus grand.

Frères sœurs, le prochain le plus proche de moi, c’est moi-même. Mon premier prochain, c’est moi-même. Frères et sœurs, il y aurait beaucoup à dire sur l’amour de soi quand on voit tant de suicides, tant de dépressions, tant de désespoirs, tant de pessimisme, tant de manque de confiance en soi. Le manque de confiance en soi est un signe qu’on ne s’aime pas vraiment. Quand on voit comment chacun de nous rêve d’être plus fort, plus riche, plus intelligent, d’être autrement que ce qu’il est, tout simplement parce que nous ne sommes pas fiers de nous, nous ne nous aimons pas. Aime ton prochain comme toi-même. Si on n’est jamais satisfait de soi-même, comment peut-on être satisfait du prochain ? Aimer son prochain comme soi-même dans ces conditions, est-ce vraiment l’aimer ? Et c’est vrai que très souvent, on aime notre prochain comme nous-même. Un penseur disait bien : « Il est plus facile qu’on ne croit de se haïr. » Quand on s’aime, on est fier de soi. La Vierge Marie, dans son Magnificat, ne rendait-elle pas grâce à Dieu pour ce qu’elle était ? Frères et sœurs, aujourd’hui, personne n’ose rendre grâce à Dieu pour ce qu’il est, au contraire, on lui demande de faire de nous autre chose que ce que nous sommes déjà. Cette insatisfaction trahit le manque d’amour qu’on porte à sa propre personne, à sa propre vie.

En réalité, on croit s’aimer soi-même, mais on ne s’aime pas, on ne sait pas s’aimer soi-même. S’aimer, c’est chercher le bien pour soi-même, le juste, le vrai, le droit, c’est ne pas se salir dans des choses qui ne nous honorent pas comme le mensonge, le vol. Mais tout ce que nous faisons nous honore-t-il ? Le mensonge nous honore-t-il, la calomnie nous honore-t-elle ? Est-ce qu’on se soucie même de notre image devant Dieu ? On se soucie toujours de l’image de celui qu’on aime, on la défend. Mais pourquoi ne défendons-nous pas notre image devant Dieu ? Serait-ce parce qu’on ne s’aime pas assez ?

Est-ce qu’on peut aimer une personne et accepter que cette personne-là fasse mal son travail ? Et nous savons-nous-même comment nous faisons ce que nous avons à faire. Frères et sœurs, on a l’impression, en nous voyant vivre, que l’homme n’aime pas lui-même. Et pourtant, Jésus nous dit : « Aime ton prochain comme toi-même. » Et c’est vrai qu’on aime vraiment notre prochain comme nous-même.

S’aimer soi-même, c’est prendre soin de son corps, de son âme, c’est les entretenir. Et quand on connaît tous nos excès, en nourriture, en boisson, et tous les autres que vous connaissez, on ne peut pas dire qu’on prend soin de nous. Quand par ailleurs on voit comment notre âme est négligée, comment on la nourrit très peu de la parole de Dieu, par une vie vertueuse et respectueuse des commandements de Dieu, on peut se dire que contrairement à ce qu’on peut penser, nous-même nous sommes la dernière personne dont nous prenons soin.

Peut-on aimer une personne et laisser qu’elle soit en mauvais termes avec celui qui lui donne la vie, avec son Dieu ? Frères et sœurs, rester dans le péché, refuser de changer de vie, c’est laisser que nous soyons en mauvais termes avec celui qui nous donne la vie. Est-ce qu’on s’aime vraiment ? Et si en réalité, l’homme, sans le savoir, ne s’aimait pas lui-même ? Et pourtant, Jésus nous dit : « Aime ton prochain comme toi-même. » Si c’est cela aimer son prochain, il vaut mieux pour ce prochain-là que nous ne l’aimions pas. Pris sous cet aspect, la plus grande crainte que nous pouvons avoir, c’est d’entendre quelqu’un nous dire : « Je t’aime ». Ce qui signifie qu’il va nous négliger comme il se néglige lui-même, il va nous exposer comme il s’expose lui-même.

Frères et sœurs, le plus important n’est-il pas d’abord de s’aimer soi-même ? La haine que nous vouons aux autres n’est-elle pas la conséquence de la haine que nous nous vouons à nous-même, au point d’être souvent contraints de mentir sur nous-même, sur ce que nous sommes, sur ce que nous faisons ? Le problème n’est-il pas que nous sommes malheureux nous-mêmes, que tout est noir en nous et c’est ce noir qui se répand tout autour de nous, sur la terre et qui monte au ciel vers Dieu ? En réalité, pour se sentir en sécurité à mes côtés, le prochain a besoin que je m’aime d’abord moi-même, sinon je suis un danger public. Frères et sœurs, méfiez-vous des gens qui ne s’aiment pas eux-mêmes, qui sont complexés, qui envient toujours ce que les autres ont, et qui meurent de ne pas avoir ceci ou cela, méfiez-vous d’eux. Si l’un d’eux vous dit un jour qu’il vous aime, sachez qu’il va vous infliger le même traitement qu’il s’inflige à lui-même. Et nous sommes nombreux comme ça, des hommes et des femmes dont l’amour fait peur.

Dieu aujourd’hui nous dit : « Aime-toi toi-même avant de m’aimer. Aime-toi toi-même pour mieux aimer ton prochain et pour mieux m’aimer. Ne mets pas la charrue avant les bœufs. » Il y en a qui ne sont jamais contents même quand ils sont devant Dieu, qui ont toujours le visage froissé, tendu. Notre place n’est peut-être pas ici.

Et c’est là où commence la foi, c’est là où commence la religion. Si tu t’aimes vraiment, tu aimeras ton prochain tu lui éviteras la souffrance, tu lui éviteras ce qui est mauvais, et à travers ces gestes, tu te sentiras avec Dieu, c’est Dieu que tu aimes. C’est ce qu’avait compris cet homme.

Un jour, un homme priait tenant en main son chapelet au volant de sa voiture, lorsqu’il vit sur le bord de la route, quelqu’un qui faisait l’auto stop. Absorbé par la prière, notre chauffeur continua son chemin. Et tout à coup, l’image de cet homme lui revient avec force et il n’arrivait plus à se concentrer sur ses AVE MARIA. Il finit par faire demi-tour. ‘C’est vous qui êtes passé tout à l’heure ? Vous avez fait demi-tour ?’ ‘Oui’, répondit le chauffeur. Et notre chauffeur de lui raconter ce qui lui était arrivé. ‘C’est cela la religion ?’ lui demanda le passager.

Oui frères et sœurs, c’est ça la religion, quand Dieu n’est jamais loin de mon frère, quand le AVE MARIA n’est jamais loin de mon frère, et parce que Dieu n’est pas loin de mon frère, moi qui cherche Dieu je serai toujours à ses côtés pour être sûr d’être à côté de Dieu. C’est ce queles orthodoxes appellent « le sacrement du frère. » On doit approcher du frère avec le même respect qu’on approche la maison de Dieu.

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