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Saint Sacrement

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Nous célébrons aujourd’hui la fête du Saint Sacrement du Corps et du Sang de Jésus-Christ. Il y a deux choses qui reviennent avec insistance dans les lectures qui nous ont été proposées : le pain et la vie. Les textes nous font comprendre que le pain c’est la vie. La fête du Saint Sacrement du Corps et du Sang de Jésus est donc la fête de la vie. Au désert, celui qui avait la manne, avait la vie ; aujourd’hui, dans notre société, celui qui a le pain, c’est-à-dire de quoi manger, a la vie ; et pour les chrétiens que nous sommes, celui qui a ce pain qu’est le Corps du Christ, a la vie éternelle.

Frères et sœurs, dans la Bible, il est toujours question de nourriture. Si nos ancêtres Adam et Eve sont chassés du paradis, c’est pour une affaire de nourriture volée, car prendre sans permission, prendre ce qui nous est interdit, c’est voler. Et celui qui vole doit déjà savoir qu’il est chassé du paradis. Si Joseph et sa famille sont obligés de se retrouver en Egypte, c’est toujours pour une affaire de nourriture. La recherche du pain pour nous-même et pour la famille peut nous pousser à tout, même quitter le village, le pays, même à faire déplacer toute notre famille. Dans la première lecture tirée du livre du Deutéronome, on nous parle d’une deuxième nourriture. En plus de la manne qu’on mange, il y a aussi la parole de Dieu qu’on écoute et qu’on met en pratique. Ainsi la parole de Dieu est aussi une nourriture importante au même titre que le Corps du Christ, les conseils des parents sont tout aussi importants que ce qu’ils nous donnent pour remplir nos estomacs. Le bon parent n’est pas seulement celui qui donne, mais celui qui conseille, qui donne des directives, qui impose une ligne de conduite. Et c’est toujours pour une question de pain que le peuple s’est divisé : d’une part les riches qui ont tout le pain, d’autre part les pauvres qui manquaient de pain. Les injustices sociales, les revendications, les conflits n’ont d’autre source que le pain. Il y en a qui confisquent le pain de tout le monde, et d’autres qui revendiquent le pain qui leur revient de droit.

Nous voyons donc qu’il y a un lien étroit entre le pain et la vie. Et on mesure l’amour d’une personne à sa capacité à lutter pour vous donner le pain, donc la vie. Et une vie sociale, familiale, professionnelle réussie, c’est celle qui nous permet d’avoir à manger et à boire, c’est celle qui nous permet surtout d’être capables de donner à manger et à boire. Le sentiment d’avoir échoué, raté notre vie vient du fait qu’on voit qu’on n’arrive pas à nous nourrir nous-mêmes et à nourrir les autres. Le pain que nous avons ou que nous n’avons pas dit quelque chose de notre vie. Une vie chrétienne, spirituelle réussie c’est celle qui nous permet d’avoir en abondance le pain du ciel, le Corps du Christ qui est soit le pain, soit la parole.

Et la fête du Saint Sacrement nous invite à regarder, à contempler à admirer, jusqu’où Jésus est allé dans la lutte pour que nous ayons la vie. Elle nous permet de comprendre que la messe n’est autre qu’un repas. Quelqu’un nous permet de vivre en nous donnant sa parole qui éclaire notre vie, en nous donnant son corps et son sang qui nous obtiennent la vie éternelle. Si nous vivons, c’est grâce à quelqu’un. Et que si nous voulons vivre, il nous faut nous accrocher toujours à cette personne-là, il faut restés collés, attachés à elle.

Cette fête nous permet de voir que notre vie est un cadeau ciel, nous vivons parce qu’un autre a souffert et s’est sacrifié pour nous, nous sommes le fruit du sacrifice et des efforts de Dieu et des hommes. C’est pourquoi la messe qui nous rappelle tout cela doit être une action de grâce, un moment de gratitude et de reconnaissance. De même qu’il n’est pas normal de s’amuser avec la souffrance de quelqu’un, avec sa vie, avec sa sueur, de même qu’on a le devoir moral de respecter toutes ces vies données pour nous, de même on ne peut pas s’amuser avec le corps du Christ, on ne peut pas banaliser ce qui nous donne la vie. Et la moindre des choses que nous lui devons, c’est notre respect et notre reconnaissance. C’est cela aussi la fête du Saint Sacrement.

Un cadeau n’est vraiment donné que lorsqu’il est reçu. Si vous faites un cadeau à quelqu’un, et que celui-ci ne prennent même pas la peine de vous dire merci, ou il le dit du bout des lèvres, qu’il n’ouvre même pas le paquet, quelle tristesse pour vous ! Et si par contre, il vous dit merci, chaleureusement, il se dépêche d’ouvrir le paquet, et qu’en le découvrant, il vient vous embrasser, quelle joie ! C’est la même joie que nous offrons au Seigneur chaque fois que nous venons à la messe lui rendre grâce. Parce que la messe, c’est venir dire merci. Et c’est en lui rendant grâce que nous recevons des grâces.

Frères et sœurs, en disant merci au Seigneur pour la vie donnée, pour son Corps et son Sang offerts pour nous, nous ne pouvons oublier tous ceux qui ont pris le relais et qui, aujourd’hui encore, continuent de mourir pour nous, de transpirer pour nous, de souffrir pour nous. Le Corps du Christ nous rappelle aussi tous ces corps-là, qui sont les corps que nous rencontrons aujourd’hui et dont nous continuons d’avoir besoin pour notre vie ici-bas. Ils nous rappellent que le Christ n’est pas mort. Il continue à se donner pour nous à travers toutes ces personnes, toutes ces vies, tous ces corps. Comme le Christ, celui qui nous sauve est toujours à notre service. Vous ne pouvez pas sauver quelqu’un si vous n’êtes pas à son service. Il y a une manière simple de reconnaître notre sauveur parmi tous ceux qui nous entourent : regarde simplement celui qui est le plus à ton service. Et vous remarquerez que celui-là est vraiment comme le Christ, parce que très souvent, c’est celui que nous méprisons le plus, c’est lui notre moins cher. Les sauveurs ont toujours été les plus méprisés, ils ont toujours été traités comme les derniers. Il y a beaucoup de sauveurs dans cette église. Demandez-leur, ils vous diront comment ils sont traités par ceux pour qui ils sacrifient tout.

Cette fête nous interroge enfin nous-mêmes sur notre propre vie, notre propre corps. Comment peut-on recevoir sans donner ? A quoi sert notre vie, notre corps, pour qui est versée notre sueur, pour nous-même ou pour les autres ? C’est donc aussi l’occasion pour nous de découvrir cette obligation morale, de conscience de faire aussi de notre vie un pain donné pour que les autres vivent mieux. C’est pourquoi l’Eucharistie, en plus d’être une action de grâce, devrait aussi être une offrande. Et les offrandes qu’il nous est demandé de donner, les quêtes, denier du culte, constructions et autres, ne sont en réalité qu’une partie de notre vie, de notre sueur que nous acceptons de donner pour que les autres vivent mieux.

Frères et sœurs, les gens meurent aujourd’hui de faim et de soif, ils meurent de froid, ils meurent d’ignorance parce que le pain n’est plus partagé. Nos vies ne sont plus des passerelles où le pain est distribué, mais des obstacles à la distribution du pain et de la vie pour tous. Le pain n’est plus gratuit, il coûte de plus en plus cher. Si Jésus avait vendu son Corps, sa vie, sa sueur, son Sang, s’il avait eu notre mentalité, qui serait sauvé ? Aujourd’hui, on a l’impression que le pain est tombé dans de mauvaises mains. Un pain qui tombe dans de mauvaises mains ne sera jamais offert pour que les autres aient la vie. Frères et sœurs, sommes-nous de bonnes personnes, nos mains sont-elles des bonnes mains ? Quand on sait comment l’égoïsme, le vol, la méchanceté ont élu domicile chez nous, on ne pourrait pas dire que nos mains sont de bonnes mains. Dans ce cas, que faisons-nous alors ici ? Dieu doit-il combler le voleur pour qu’il vole encore davantage, l’égoïste pour qu’il le soit toujours plus ? Quelqu’un disait que Dieu n’accepte pas l’offrande de l’impie. C’est immoler le fils en présence du père que d’offrir un sacrifice en avec les biens des pauvres ; les priver, c’est commettre un meurtre ; c’est tuer son prochain que de lui ôter sa subsistance, c’est répandre son sang que de priver le salarié de son dû (on le fait soit en ne payant pas, soit en payant très peu. Et dans notre pays, on paie très peu, on exploite la pauvreté des gens, des jeunes diplômés, des mois sans salaires, des années dans des conditions difficiles sans salaires). Le pain, c’est la vie du pauvre. L’en priver, c’est le condamner à une mort lente, et les morts les plus cruelles sont justement les morts lentes. Il y a donc un lien très fort entre venir à la messe et être un homme et une femme justes.

Le chrétien comme le Christ est un pauvre qui fait pourtant beaucoup de riches. Ne soyons pas ces riches qui font beaucoup de pauvres.

Pour finir, disons qu’il y a trois clés qui ouvrent à une vie plus abondante et au Saint Sacrement : « le souci pour les autres ; le risque pour les autres ; le partage avec les autres. » (William WARD)

A la fin des temps, la question ne sera pas : « Combien as-tu reçu ? Combien as-tu gagné ? ». Mais plutôt : « Combien as-tu sacrifié ? Combien as-tu aimé ? Combien as-tu servi ? »

Puisse le Saint Sacrement du Corps et du Sang de Jésus nous servir de modèle.

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