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4 ème dimanche de Pâques

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Frères et sœurs, depuis l’année 1964, le quatrième dimanche de Pâques de chaque année est consacré à la prière pour les vocations par le pape Paul VI. C’est l’occasion pour nous de prier pour les vocations dans notre Eglise, les vocations dans notre monde, le monde social, le monde politique, prier pour de bonnes vocations, prier également pour ceux-là qui se sont déjà engagés, afin qu’ils soient de bons pasteurs, de bons bergers comme nous le suggère Jésus dans l’évangile que nous venons de suivre.

La bible renferme plein d’histoires de bergers et de brebis. Il y a des bons et des mauvais bergers, comme il y a des bonnes et des brebis égarées et vagabondes.

Dans l’évangile du bon pasteur que nous avons suivi, on remarque une chose importante : les voleurs et les bandits sont nombreux, mais le vrai berger est unique. Est-une façon de dire que parmi ceux qui sont nos bergers, les voleurs et les bandits sont les plus nombreux alors que les bons bergers sont rares ? C’est à vous d’apprécier.

Il y a deux caractéristiques par lesquelles on peut reconnaître un bon pasteur, un bon berger, un bon responsable religieux, social, politique : d’abord il est au service de son troupeau, il se sacrifie pour lui ; ensuite, il passe par la porte et fait passer son troupeau par la porte.

Dans le pays de Jésus, dans l’Orient ancien, le berger était un homme courageux qui savait défendre ses brebis des animaux sauvages et les voleurs. Ainsi, voici ce que dit David de son travail de berger : « Quand ton serviteur faisait paître les brebis de son père et que venait un lion ou un ours qui enlevait une brebis du troupeau, je le poursuivais, je le frappais et j’arrachais celle-ci de sa gueule. Et s’il se dressait contre moi, je le saisissais par les poils du menton et je le frappais à mort. » (1Sam 17, 34-36). Le bon pasteur est donc celui dont la vie est totalement offerte à son troupeau. Le métier de berger n’est pas du tout repos. Il expose sa vie, sacrifie son repos pour protéger ses brebis, il ne s’enfuit pas quand vient le loup. Nous avons là une différence fondamentale entre Jésus le berger et les bergers que nous avons aujourd’hui. Dans le combat contre ceux qui venaient l’arrêter, Jésus était en première ligne. C’est lui qui a été frappé le premier. Ce sont les brebis qui avaient donné une médaille posthume à leur vaillant berger. Mais nous voyons aujourd’hui que ce sont les bergers qui donnent les médailles posthumes aux brebis, tout simplement parce qu’entre temps, les rôles se sont inversés. Ce sont les brebis qui sont en première ligne, exposées, alors que les pasteurs eux-mêmes sont bien protégés à l’arrière. Ils sont les mieux protégés au niveau de leur sécurité, de leur santé, de leurs réserves financières. Tout cela n’est qu’un dévoiement, une trahison de la notion biblique et chrétienne de la responsabilité. C’est d’ailleurs pour cela que dans l’évangile, nous voyons que celui qui marche devant, c’est le berger, c’est le pasteur. «Quand il a conduit dehors toutes ses brebis, (c’est-à-dire face au danger), il marche à leur tête, et elles le suivent. » Mais nous savons nous-mêmes que généralement en face du danger, ce sont les petits qui sont devant, les autres guettent derrière. Les éclaireurs, les fusibles, ceux qui doivent d’abord aller tâter le terrain, ceux qu’on envoie d’abord aller guetter pour voir ce qu’il y a, ce ne sont jamais les bergers, mais les pauvres brebis. La brebis est là pour être gardée, et le pasteur pour protéger. Mais nous sommes dans une société où la brebis se transforme en gardienne et où les pasteurs se comportent comme des brebis. Le meilleur devrait toujours être réservé à la brebis et c’est le plus dur qui revient au pasteur. Tel est toujours le cas ? Le meilleur n’est-il pas réservé aujourd’hui au pasteur et le plus dur aux brebis ? Quelqu’un affirmait : « Je me méfierai d’un prêtre, d’un berger, d’un responsable qui ne serait pas prêt aux humiliations. » Frères et sœurs, quel responsable de nos jours est prêt aux humiliations ? Leurs mains, leurs pieds, leurs tenues, leurs ventres, leurs poches, leur dignité ? Les humiliations ne sont-elles pas réservées aux petits, aux brebis ? Les vraies humiliations, c’est Jésus qui les a subies, et non les apôtres. Aujourd’hui, les vraies humiliations ce ne sont pas les bergers qui les subissent, mais les brebis. Les avantages que Jésus avait réservés aux brebis sont aujourd’hui confisqués par les pasteurs. Heureusement que dans nos familles, lorsqu’on voit le sacrifice de certains parents pour leurs enfants, on comprend mieux ce que c’est qu’un vrai pasteur et on se dit que les bons pasteurs n’ont pas totalement disparu. Frères et sœurs, prions pour nos prêtres, nos responsables, pour qu’ils soient de bons pasteurs, des pasteurs selon le cœur de Dieu.

Le pasteur est ensuite celui qui passe par la porte, et qui fait passer son troupeau par la porte. Que signifie passer par la porte ? C’est passer tête haute, dignement, et non pas par la fenêtre comme un voleur. Cela signifie que le responsable doit être digne, et faire que son troupeau soit digne et vive dignement. Un responsable ne fait pas entrer les gens par la fenêtre, c’est-à-dire de façon flou, par des magouilles, par des combines. Ce sont les pasteurs qui sont arrivés où ils sont par la fenêtre qui feront entrer les brebis par la fenêtre. Celui qui est entré par la grande porte fera aussi entrer les autres par la grande porte. Cela pose le problème du favoritisme, du manque d’objectivité, de justice dans la façon dont les pasteurs d’aujourd’hui conduisent leur troupeau. Nos services, nos administrations, nos structures sont devenus spécialement des passages par les fenêtres, des entrées et des sorties par les fenêtres, on a fui la légalité et la liberté pour nous épanouir dans l’illégalité et la clandestinité. Les gens se bousculent plus au niveau des fenêtres qu’au niveau de la porte. Ceux qui passent par la porte sont devenus rares, et les grimpeurs, les escaladeurs sont devenus plus nombreux. Et chaque fois que nous y allons, on se prépare bien, on retrousse bien les manches de nos portes monnaies parce qu’on sait qu’il va falloir qu’on escalade par la fenêtre. Comment un berger, un pasteur peut-il se comporter en voyou, en maquisard, installer le règne du culte du secret, du mystère. Le pasteur, c’est l’homme de la porte et non l’homme de la fenêtre, pareil pour les brebis. Beaucoup parmi nous se sont retrouvés là où ils sont aujourd’hui, non pas en passant par la porte, mais bel et bien par la fenêtre. Et on aime bien les pasteurs qui nous font passer par la fenêtre, alors que ceux qui veulent qu’on passe par la porte sont traités de méchants, de mauvais, on fait tout pour qu’on les enlève, et on est en fête quand on les a enlevés. Le Seigneur nous invite aujourd’hui à avoir une mentalité de la porte et non une mentalité de la fenêtre.

Faire passer son troupeau par la porte signifie aussi pour le pasteur avoir un profond respect pour tout le monde, lui apporter toute la considération possible. C’est ce que l’évangile souligne quand il dit que le berger appelle chacune des brebis par son nom. En effet, lorsque que quelqu’un est important pour nous, nous connaissons son nom, nous l’appelons par son nom. Ne pas connaître le nom de son collaboration, ne pas l’appeler par son nom est un signe de négation de la personne, un manque de respect. Et c’est toujours un réel plaisir de se sentir considéré, respecté.

Enfin, faire passer son troupeau par la porte, c’est lui permettre de vivre dignement, de marcher tête haute. Dans ce sens, Jésus nous invite à réfléchir sur le rapport entre le travail fourni et la récompense, le salaire. Entrer par la porte, c’est avoir un revenu décent, un revenu correspondant au travail et au sacrifice consenti. Dans ce sens, frères et sœurs, combien de brebis aujourd’hui passent par la porte ? Ce qui est sûr, c’est que les pasteurs passent par la porte, et même mieux que par la porte. Alors que les brebis passent par la fenêtre. Un pasteur qui fait ainsi passer par la fenêtre ses brebis est un bandit et un voleur comme dit bien Jésus dans l’évangile.

Frères et sœurs, le monde aujourd’hui ressemble à un immense troupeau errant sans bergers, un troupeau qui fait pitié. Le peuple se perd, le troupeau se meurt faute de pasteur, faute de bon pasteur. Puisse le Seigneur susciter au milieu de son peuple que nous formons des pasteurs à l’image de ce qu’a été son Fils Jésus-Christ notre Seigneur.

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